
Paris, le 09 novembre 2011
Chers amis lecteurs, auteurs et éditeurs,
Voilà maintenant onze mois que la librairie les jardins d’Olivier existe…Je tenais à remercier sincèrement et chaleureusement toutes celles et ceux qui m’ont soutenu dans cette belle aventure. Et une pensée toute particulière à ma compagne, Nathalie Theillout qui nous a quittés le 02 juin dernier.
Un projet solide, original et unique, approuvé par de nombreux professionnels du jardin, de la nature et de l’édition. Malgré une expérience forte de plus de vingt années passées au service du lecteur et de l’éditeur amoureux du livre de nature et de jardin, il s’avère que les difficultés financières de mon entreprise deviennent trop lourdes à supporter. Je devrais envisager la fermeture de la librairie à court terme, en raison d’une activité trop faible et ceci malgré de nombreuses actions commerciales mises en place pour promouvoir l’existence et la pérennité de ma librairie.
La fréquentation escomptée n’étant pas au rendez-vous et les résultats mensuels trop insignifiants, je suis contraint à l’approche des fêtes, de commencer à retourner le fonds de la librairie qui fait de celle-ci sa spécificité. Aucune indulgence, ni soutien de la part des distributeurs de la chaine du livre ne sont venus encourager l’initiative de la création d’une nouvelle librairie, bien au contraire. Les comptes ouverts avec ces distributeurs et diffuseurs il y a 10 mois ferment les uns après les autres depuis le mois de Juin dernier, engendrant un bras de fer administratif quotidien. Vous trouverez donc peu de nouveautés présentées sur les tables, ni sur notre site internet et chaque semaine des rayons qui se vident un peu plus.
Je suis particulièrement écœuré par l’attitude des groupes les plus puissants de la chaine du livre. Ceux-ci sont bien plus intéressés par leur argent que par l’envie de voir exister une nouvelle librairie. Je ne nommerai aucune de ces sociétés de distribution et de diffusion du livre, ils n’hésiteraient pas une seconde à m’attaquer pour diffamation. Les groupes les plus puissants ne laissent aucune chance à la librairie indépendante. Les fournisseurs les plus petits restent les plus indulgents et comprennent qu’une librairie indépendante a besoin de soutien et de temps, surtout quand elle vient de se crée. Une telle librairie permet de représenter un nombre considérable d’éditeurs que vous ne trouverez jamais dans les librairies des grandes chaines commerciales qui vendent du livre comme on vend du jambon sous plastique.
Je suis atterré par l’attitude des services financiers de ces grands groupes, aucune discussion n’est possible. Les seuls mots qui leurs viennent à la bouche c’est «mon argent ! Tout de suite ! ». Et si vous ne pouvez pas payer dans les délais et bien vous commencez à passer votre vie au tribunal de commerce…Tout cela pour définir un échéancier que vous aviez proposé, mais qui avait été refusé, ainsi lorsque le jugement devant le tribunal tombe, il permet au distributeur de percevoir 11% en plus du montant total de la dette due…Une fois de plus, ne s’agit-il pas d’une forme de racket ?
Je suppose que je ne suis malheureusement pas le seul dans cette situation et malgré le soutien de certains, on se sent vraiment impuissant devant tous ces services administratifs et financiers, formatés par leurs dirigeants et éduqués pour agresser « le mauvais payeur », formules toutes faites et imprimés à l’appui.
Cette triste situation me donne l’envie de crier, de hurler et parfois même de vomir, mais le cri d’un libraire ne changerait pas grand-chose à l’indifférence générale de la profession. Une surproduction de livre depuis 10 ans a considérablement appauvri l’offre éditoriale, tous les éditeurs en manque d’idées nouvelles n’ont plus que ce mot magique à la bouche : LE NUMÉRIQUE. Serait-ce la seule roue de secours de l’éditeur ?
Sans paraître ringard aux yeux de certains, à l’époque ou le Smartphone, la tablette numérique ou encore le téléchargement légal ou illégal ont envahi notre quotidien, à quoi bon continuer d’acheter des livres ! « Les applications » sur tout et n’importe quoi foisonnent, le lecteur est en voie de disparition et l’éditeur y contribue. Ce nouveau lecteur ressemble à un individu coiffé d’un casque et avec dans la main un « tactile » sur lequel il tapote à deux doigts, les yeux rivés sur l’écran à en oublier de dire bonjour, pardon ou encore merci ! Combien de temps pourrez-vous profiter de la librairie de quartier et de son service unique ? Qui s’en souviendra dans 10 ans… ? L’indifférence générale et les mêmes livres pour tous, le souhaitez-vous réellement pour votre avenir et celui de vos enfants ?
Et dernier coup de poignard dans le dos de la petite librairie, l’annonce du gouvernement de la hausse de la TVA qui passerait de 5,5% à 7% au 1er janvier 2012. Le redressement des finances publiques est certes nécessaire et indiscutable, mais je pense que cette mesure entrainera irrémédiablement la fin de nombreuses librairies déjà étranglées par un nombre faramineux de charges. Nous ne vendons pas des sandwichs à emporter ! Nous sommes les acteurs indispensables de la création éditoriale, du développement de la lecture au quotidien et des animations culturelles de nos quartiers.
Je ne veux pas y croire et je me battrai jusqu’au bout pour que vive la librairie indépendante, pour que survive la librairie les Jardins d’Olivier.
A toutes et à tous, lecteurs, auteurs et éditeurs, RÉAGISSEZ ! C’est URGENT !
Olivier Pochard
Librairie les jardins d’Olivier
Librairie internationale des jardins et de la nature
27, rue Gay Lussac
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Tél : 09 66 85 85 42
Fax : 01 43 26 85 42
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